Les 4 types d'investisseurs et ce qu'ils cherchent

Mis à jour : juil. 22

Toutes sortes d'investisseurs peuvent se retrouver autour de la table d'une levée de fonds, chacun avec ses propres objectifs.




1. Les business angels


Ces personnes physiques investissent une partie de leur épargne à titre personnel dans une entreprise. N'importe qui peut devenir business angel (BA), mais ce sont souvent d'anciens entrepreneurs ou cadres supérieurs aguerris qui souhaitent soutenir un projet qui leur tient à coeur. 4.500 business angels sont actifs en France et ont investi 37,3 millions d'euros en 2018.

Les business angels s'organisent généralement en association ou en société d'investissement (Siba) pour investir sur des projets en phase d'amorçage, dont les montants sont compris entre 300.000 et 500.000 euros. Le ticket moyen d'un business angel oscille entre 10.000 et 20.000 euros par an. D'après  France Angels, qui les fédère, il existe 64 réseaux, comme par exemple  Femmes Business Angels  ou Seed4Soft.


En plus d'un soutien financier, les business angels apportent leur carnet d'adresses et expertises. Pour sa première levée de fonds - 400.000 euros réunis en mars 2018 -, l'entrepreneuse  Marie Eloy a choisi de se tourner vers des BA pour toutes ces raisons. « Et puis, nous recherchions des investisseurs qui n'allaient pas nous mettre des contraintes impossibles à tenir et qui étaient convaincus par le projet et sa forte dimension humaine », confie la fondatrice de  Bouge ta Boîte,  qui vient de boucler un deuxième tour de table de 1,3 million d'euros.


L'entrepreneuse Marie Eloy, fondatrice de Bouge ta Boîte, vient de boucler un deuxième tour de table de 1,3 million d'euros auprès notamment de business angels.- Bouge Ta Boite



2. Le crowdequity


Comme les BA, les investisseurs en crowdequity sont en majorité des particuliers qui investissent dans de jeunes entreprises en achetant des parts du capital. Ils passent par une plate-forme spécialisée dans ce type de financement participatif. Cette dernière crée ensuite un holding d'investissement qui représentera les actionnaires. Les fonds sont ainsi collectés plus rapidement, parfois seulement 48 heures après l'ouverture. Paul Mariani et Simon Rezo, fondateurs des boissons sans alcool premium UMÀ, ont choisi ce mode de levée. Ils lèvent en ce moment 300.000 euros sur Tudigo (ex-Bulb in Town), avec un ticket d'entrée à 1.000 euros et un ticket moyen d'environ 7.500. « Pour notre premier tour de table, nous recherchions des investisseurs bienveillants, prêts à partager leur réseau et leurs savoir-faire pour nous aider dans notre stratégie », résume Paul Mariani.


Paul Mariani et Simon Rezo, fondateurs des boissons sans alcool premium UMÀ, cherchent actuellement à lever 300.000 euros en crowdequity sur Tudigo.- UMÀ


« Les projets financés s'élèvent en moyenne à 1 million d'euros, pour un ticket moyen par investisseur de 25.000 euros par an, répartis sur différentes sociétés », assure Joachim Dupont, président de la plate-forme Anaxago.

Aujourd'hui, le marché s'est concentré et il n'existe plus qu'une poignée de plates-formes de crowdequity en France, dont Anaxago, Tudigo et Wiseed. Ensemble, ces plates-formes ont récolté 47,1 millions en 2018, en baisse de 19 % par rapport à 2017. Un chiffre qui pourrait augmenter grâce à deux dispositifs de la loi Pacte qui favorisent le crowdequity. « A commencer par l'intégration de ces titres dans des produits d'épargne classique, comme le PEA, le PEA-PME et bientôt peut-être le plan d'épargne retraite, explique Joachim Dupont. Mais le plus attendu reste le relèvement du seuil des levées de 2,5 à 8 millions d'euros»



3. Les fonds d'investissements


Avec 14,7 milliards d'euros investis en 2018 dans plus de 2.200 entreprises, les fonds d'investissement sont les mastodontes de la levée de fonds, ceux vers qui se tournent les entreprises ambitieuses, qui ont d'importants besoins en financement et veulent aller vite dans la réalisation de leurs projets. Les montants levés en moyenne varient selon qu'il s'agit d'une phase d'amorçage ou « seed » (autour de 2,5 millions), d'une série A (environ 7,8 millions), d'une série B (plus de 20 millions) ou au-delà (plus de 70 millions d'euros).

Il existe différents types de fonds d'investissements : institutionnels (bpifranceEurazeo ,…), privés (Alven Capital,  Isai , Idinvest Partners…), sectoriels (Demeter Partners,  Partech , XAnge…), régionaux (Finorpa…) ou d'autres qui gèrent une fortune personnelle, comme  Kima Ventures avec Xavier Niel . Des fonds d'investissements étrangers sont aussi très actifs dans l'écosystème français, comme par exemple  Accel , Bain Capital, White Star Capital ou encore Index Ventures.


4. Les fonds corporate


De plus en plus, les grands groupes s'intéressent aux start-up et créent leurs propres fonds en interne pour entrer à leur capital. «  Le plus souvent, les fonds corporate (CVC) investissent dans des jeunes pousses du même secteur que le leur, et créent parfois des synergies avec elles », explique  Agathe Wautier, CEO de The Galion Project . Leur vision est donc plutôt long-termiste : ils ne visent pas une sortie dans les cinq à dix ans comme les fonds d'investissements classiques. Ce sont, par exemple, Total Ventures, Orange Digital Ventures, Crédit Mutuel Arkéa ou encore Mérieux Développement et Safran Corporate Ventures.

Depuis 2013, les fonds corporate ont investi 2,7 milliards dans le capital d'entreprises françaises et la tendance va crescendo. «  Les CVC sont en train de se professionnaliser et de gagner du terrain », analyse Agathe Wautier.


https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-creation/0601979315557-les-4-types-d-investisseurs-et-ce-qu-ils-cherchent-332290.php

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