Les modes de financements pour la création d'entreprise

RÉSUMÉ

INTRODUCTION & CONTEXTE

PRÉAMBULE

CRÉER UNE ENTREPRISE AVEC PEU D'ARGENT ? C'EST POSSIBLE !

DES BESOINS DE FINANCEMENTS PLUS CLASSIQUES, MOYENS !

DES BESOINS DE FINANCEMENTS ÉLEVÉS

CONCLUSION

Résumé

Les questions autour du financement sont centrales pour tout entrepreneur, celui-ci est au cœur des problématiques économiques, car le financement est la source de n’importe quelle activité productive et de la création de valeur, le développement de la croissance et de l’emploi en dépend.

C’est la banque de France qui rappelle dans une note d’information que « pour un chef d’entreprise, la politique de financement fait partie des trois plus grandes décisions en matière de gestion financière. »

Création, reprise, développement, la recherche de solutions de financement est un enjeu récurrent pour la plupart des entrepreneurs.

Maintenant que la question des financements est claire, il faut apporter des réponses, c’est le premier souci d’un entrepreneur. Ces derniers sont nombreux et complexes à comprendre parfois et cela peut décourager un grand nombre d’entrepreneurs.

Les besoins de financement de chaque entreprise sont spécifiques et pour les combler il faut prendre en compte sa situation particulière. Nous n’approfondirons par les tous les profils d’entrepreneurs. Nous nous concentrerons seulement sur la partie « création » et non pas sur la partie « développement-croissance ».

Une bonne connaissance des financements rassurera les entrepreneurs pour créer, reprendre ou développer une société.

Introduction & contexte 

J'ai réalisé ce mémoire en fin de Master 1 « Stratégie & Business Innovation » en école de commerce à l’IDRAC de Grenoble.

J’envisage de créer ou de reprendre une société dans un avenir assez proche et je me pose énormément de questions quant au financement de celle-ci. Je suis en cours d’acquisition de connaissances sur les modes de financements qui sont encore pour moi vagues et vastes. Je pense ne pas être le seul dans cette situation, c’est donc pour cela que j’ai décidé de créer mon blog pour que la communauté des futurs entrepreneurs (ou pour ceux qui veulent simplement s’informer) bénéficie de mes recherches et réflexions, ainsi que de mon point de vue grâce à mes expériences professionnelles notamment dans le secteur de la banque et de la Start Up.

Ainsi, j’espère aider un maximum de créateurs à se lancer et de non créateurs à avoir envie de créer.

Car la création d’entreprise, c’est la création d’emplois, la création de valeurs. Dans notre modèle économique, il n’est pas envisageable de vivre sans créateurs d’entreprises.

J'ai consacré une année à des recherches théoriques qui sont synthétisées dans ce document. Quant à cette année de Master 2, j’ai enquêté sur le terrain et vérifié tout ce que vous allez découvrir sur les financements en interviewant des créateurs et des repreneurs d’entreprise pour voir comment ils s’y sont pris, ce qui a marché ou non, les retours d’expériences et tout ce qui enrichira notre connaissance sur le sujet des financements.

Plaçons-nous donc dans le contexte de l’entrepreneuriat ; au travers de ce blog, nous allons évoquer les principales problématiques rencontrées lors d’une création d’entreprise et les questions qui englobent ces dernières. J’approfondirai donc particulièrement les modes de financements possibles, existants et les plus adaptés pour lancer sa société selon différents angles de vue.

Déjà très jeune, mon attirance pour l’entrepreneuriat était manifeste. Ai-je été influencé par mon arrière-grand-père qui reprenait des sociétés en difficultés et tentais de les remettre sur pieds ou par mon père qui monta sa propre entreprise ? Je n’ai pas la réponse, mais toujours est-il, qu’en grandissant je me suis intéressé de plus en plus au monde des affaires d’une manière générale, les entreprises, avoir son propre « bébé », être son propre patron et le style de vie différent des entrepreneurs.

Après avoir bien réglé les points comme l’analyse de marché, du modèle économique, de la segmentation. Il va falloir convaincre les futurs partenaires financiers (banques, institutions, investisseurs individuels et bien d’autres).

Un long travail va alors commencer puisqu'il faudra réunir un maximum d’éléments pour prouver que l’idée a de l’avenir, et que l’entreprise a un vrai potentiel.

Pour ce faire, un business plan sera nécessaire ; il contient entre autres les études du marché et de la concurrence, la stratégie de l’entreprise sur le long terme, les ressources humaines, les prévisions financières -liste non exhaustive- le business plan est un document qui peut sembler très formel et complexe à réaliser.

Un investisseur quel qu’il soit jugera la forme et le contenu de ce dernier malgré tout. Sa qualité sera alors une indication sur le sérieux de l’entrepreneur, et de son potentiel pour mener à bien le projet. De plus, un business plan ne va pas servir qu’aux investisseurs : il nous aidera également à avoir une profonde réflexion sur le projet, et c’est obligatoire pour bien démarrer. L’idée reçue qu’il ne sert à rien et que « c’est du vent » est très répandue, mais au-delà du document, c’est toute la réflexion nécessaire à sa rédaction qui importe.

Une fois le projet déterminé et réfléchi, un business plan mûrement travaillé, des arguments solides, un Pitch du tonnerre, nous pourrons aller chercher des fonds. Mais lesquels ? Où ? Et pourquoi en préférer certains ?

Sachant que le principal frein à la création de l'entreprise est LE FINANCEMENT

Nous allons donc tenter de découvrir pourquoi il est essentiel de connaître et d’utiliser les bons financements pour créer sa société :

Mais par où commencer ?

Préambule

Je vais devoir faire mes démarches administratives afin de déclarer légalement et juridiquement la création de mon entreprise.

Le choix du statut juridique de cette dernière est très important car il pourrait avoir une influence sur les futurs financements que l’on découvrira plus tard, je vais donc m’y attarder, car c’est le début de ma démarche et la première décision qui aura des conséquences notables dans le futur.

Quelques questions autour des statuts :

  • Est-ce que je souhaite créer seul ou à plusieurs ?

  • Si je décide d’être seul, est-ce que je souhaite avoir un salaire et être protégé socialement tel un salarié lambda ? Si oui, la question du mélange du patrimoine professionnel et personnel est importante.

  • Si je souhaite distinguer les deux, alors je choisirai une EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée).
    Sinon ce sera une EI (Entreprise Individuelle) ou une micro entreprise. Mais en retenant la forme de microentreprise je ne pourrais pas excéder 66,2 K€ de CA pour une activité de services et 165,6 K€ pour une activité de vente de biens. Cela me semble trop restrictif au vu de mes ambitions.

  • Si je ne souhaite pas le statut de salarié alors je peux choisir celui d’une EURL ou une SASU. L’avantage de la SASU est que je suis libre d’établir mes propres statuts.

Donc ces statuts juridiques, d’une manière générale, seront plus adaptés si j’ai ou vais avoir des besoins de financements plus faibles.

Maintenant que je sais tout cela, je ne veux pas écarter la venue d’un éventuel futur associé. S’associer permet de partager les risques, d’avoir un autre regard et de prendre des décisions plus réfléchies peut-être. Mais cela peut aussi être un inconvénient car la prise de décision est plus limitée en fonction des parts de chacun.

P.S : Attention si vous décidez de vous associer, la qualité de votre associé impactera grandement les décisions des banques, en fonction de son endettement et de son passif entrepreneurial (aberration, mais oui nous sommes bien en France...)

(Si j’avais voulu travailler avec un membre de ma famille ou ma conjointe j’aurais pu choisir le statut de SARL de famille. Mais ce n’est pas mon cas, je suis seul dans cette aventure pour le moment.)

J’aimerais rester libre d’organiser ma société comme il me semble et pouvoir rédiger mes statuts avec liberté, je peux donc retenir la SAS/SA qui me permettrait de rédiger un pacte d’associé.

En effet, la SARL est semblable du point de vue des associés mais ne m’offre pas autant de liberté, en revanche dans ce cas, mes statuts seraient encadrés par la loi. Il y a des questions de choix personnels à faire.

A noter, que chaque forme juridique a ses spécificités et qu’elles sont à approfondir avant d’en retenir une. Telles que le nombre d’associés, le capital minimum, la direction, les responsabilités des dirigeants, les prises de décisions, les régimes fiscaux. On peut supposer que les statuts sont déterminés par (et détermine) la projection de la stratégie et du futur projet.

Maintenant je vais avoir besoin de financements pour lancer l’activité !

Partie 1 : Créer une entreprise avec peu d’argent ? C’est possible !

1.1) Les « business » concernés 

Lancer une activité commerciale avec un faible budget - par exemple inférieur à 6 K€ - n’est pas chose facile. Néanmoins, il existe des business pour lesquels cela est tout à fait réalisable. J’ai pu identifier quelques secteurs d’activités et exemples. Attention, ces modèles économiques peuvent quand même demander énormément d’argent selon les choix réalisés.

On peut retrouver notamment, les boutiques en ligne, les business e-commerce qui ne demandent pas un gros investissement pécuniairement parlant, mais un investissement énorme en temps, notamment pour ce qui va être référencement et communication.

Mais également, tout ce qui va concerner les services à la personne, comme faire les courses, le ménage, la préparation de repas, les gardes d’enfants ou d’animaux.

Mais encore, les VDI (Vendeur à domicile indépendant) : Vente de produits/services à domicile par exemple en prenant une commission sur les ventes. Les agents commerciaux indépendants (notamment dans le commerce ou l’immobilier), sont toujours payés avec un commissionnement pour le compte d’une entreprise.

L’achat-revente de biens d’occasion fait également partie des activités qui peuvent ne pas demander beaucoup de fonds pour démarrer son activité.

Il semble que l’on retrouvera les métiers de la beauté qui peuvent aussi réaliser des prestations à domicile ou encore dans l’alimentaire, un traiteur à domicile par exemple.

Ainsi que beaucoup d’autres activités comme les dépannages informatiques, les photographes et autres.

De nombreuses activités libérales (non réglementées) dans les domaines de la formation ou des cours (dans toutes les disciplines, musique, peinture etc.)

Des activités intellectuelles entre autres, comme la création de plaquettes commerciales, de logos, la recherche de contenu marketing etc.

Les domaines du coaching et du conseil individualisé, en ce qui concerne par exemple le développement personnel.

En résumé, les business qui requièrent un faible investissement de départ vont porter sur tout ce qui touche aux services, tel que services aux particuliers, le conseil, la formation, les métiers « de main ». Il faudra dans tous les cas veiller à constituer une trésorerie suffisante et couvrir des investissements de base tel que la communication et les principaux outils nécessaires à la mise en œuvre du service (manuels ou informatiques). A noter qu’il est possible pour ces nombreux business de se lancer sans fonds importants mais la route sera plus longue et les maîtres mots seront rigueur et patience.

De plus, il faudra peut-être dans un premier temps conserver son emploi, pour ne pas peser sur la structure qui n’aura pas encore de solides fondations financières.

N.B : Avant la création du statut d’auto-entrepreneur, 50% des entreprises créées se faisaient avec moins de 7 K€.

1.2) Pourquoi ces derniers ne requièrent-ils pas beaucoup de financement au démarrage

En effet, les nombreux domaines d’activité cités précédemment ne nécessitent pas ou peu de stock, requièrent une présence au domicile du client ou au sien et permettent de ne pas avoir de charges pour des locaux. Les métiers manuels ou intellectuels quant à eux ne nécessitent guère de marchandises, pas de personnel à rémunérer. En somme, très peu de charges et de choses à financer.

A la différence des sociétés à vocation commercial où les frais s’accumulent très vite. Lorsqu’il s’agit d’acquérir un local, de payer des frais de notaires, des frais sur les cautions et l’aspect juridique ou encore l’achat d’équipement plus important, avec de la marchandise à stocker, un BFR à financer etc.

1.3) Quels sont les financements possibles

  • Crowdfunding/Financement participatif  - C’est quoi ?

Une mise en relation entre créateurs et particuliers. En clair, des particuliers investissent, avec une contrepartie (ou non) pour le service de préfinancement rendu (participation au capital, prêt ou don). Sur internet via des plateformes spécialisées où les projets sont déposés. Grâce à de petites sommes, les particuliers peuvent nous aider à nous développer. Et comme cette forme de financement connaît un réel succès, il y a plus de monde et les sommes levées sont plus élevées.

Les fonds collectés peuvent se présenter sous différentes formes et contreparties.

En effet sous la forme de participation, l’argent collecté reste dans les fonds propres et l’entreprise devra verser des dividendes (en plus les investisseurs obtiennent des droits de vote).

J’ai trouvé des plateformes comme smartAngels.fr , MyMicroInvest.com , wiseed.fr , FinanceUtile.com ou encore anaxago.com. Cette liste n’est pas exhaustive mais voilà quelques exemples pour vous aider dans votre démarche.

Sous la forme de créances, il existe trois possibilités :

  1. Emprunt avec en contrepartie intérêts ou prime. Les plateformes spear.com et BlueBees.fr sont par exemple spécialisées à ce niveau.

  2. Emprunt solidaire sans contrepartie, sans remboursement d’intérêt, destiné aux projets solidaires. Les plateformes connues sont balyloan.org , hellomerci.com etc.

  3. Prévente, livraison d’un bien ou d’un service de valeur en général équivalente. Quelques plateformes possibles, KissKissBankBank.com ,ulule.com , kickstarter.com ou encore IndieGogo.com, encore une fois je vous donne juste quelques exemples, à vous de creuser si ce type de financement peut vous intéresser.

Sous forme de recette (définitivement acquise) :

  • On retrouve les préventes.

  • Coproduction, partage de bénéfices en contrepartie, destiné pour les financements de projet artistiques.

  • Donc, aucune contrepartie (ou seulement symbolique). Voici quelques sites que j’ai trouvé, watsi.org ,catapult.org , ZeGive.com , arizuka.com ,mailforgood.com.

                  

En me renseignant sur le sujet, j’ai pu mieux cerner les avantages et les inconvénients du crowdfunding.

En effet, le crowdfunding va permettre de se tester sur son marché sans prendre beaucoup de risque. Aussi, aucune contrepartie n’est exigée si les objectifs ne sont pas atteints. Ce mode de financement permet également de financer une idée. De plus, le crowdfunding peut selon moi, représenter une publicité permanente, les « investisseurs » vont certainement en parler autour d’eux.

En revanche, la mise en place est plutôt longue, ce financement requiert aussi une communication de chaque instant pour atteindre les objectifs définis. De plus, les sommes récoltées sont souvent de l’ordre de 20 K€ mais peuvent aller jusqu’à 100 K€ sous un angle de vue utopique. Il y a aussi les durées de campagne qui peuvent faire échouer la récolte des fonds pour quelques euros manquants. Il m’est également apparu que souvent la love money utilisée est en fait celle du crowdfunding mais les proches utilisent les plateformes en guise de sécurité et de formalité juridique.

Il sera nécessaire de passer un grand nombre d’heures au détail de l’entreprise, du BFR, aux objectifs souhaités etc. De plus, il est préférable de prendre le temps de répondre à l’ensemble des questionnements sur le projet.

Bien évidemment les plateformes ne sont pas des mécènes et récupèrent une commission moyenne de 6 à 8% en cas d’objectifs réalisés.

En résumé, ce type de financement ne sera pas adapté à tous les projets. Il permet par exemple de tester un marché. Encore, le couple crowdfunding/levé de fonds est intéressant pour faire connaître le projet. Mais seul, il offre une petite quantité de fonds, il pourra donc venir compléter ou amorcer l’investissement des business angels.

Par conséquent, pour les projets se voulant discrets et/ou si beaucoup de fonds sont nécessaires à mon projet, je me tournerais sûrement vers d’autres modes de financement.

La love money :

Pour démarrer son activité il est courant de recourir au fond émanant de la famille ou des proches. Ce financement est la love money et constitue un moyen de démarrer avec des fonds propres plus élevés.

Mais les convaincre reste l’étape la plus difficile, étant donné que leur investissement est réalisé dans une optique d’aide, ou par amour et non pas par soucis de rentabilité.

Les avantages du love money sont nombreux, en effet ils sont rapidement récupérables car les décisions de famille sont prises plus rapidement et que l’on sait (en général) qui possède l’argent ou non et qui serait en mesure de financer cette création ou non. De plus la confiance est censée régner. Mais il est toujours possible de tenter sa famille en mettant en avant les avantages fiscaux liés aux investissements, notamment sur l’impôt.

Encore une fois, je constate qu’il est plus aisé par la suite de lever des fonds auprès de business Angels par exemple après que la famille ait fait elle-même confiance au projet ; les business Angels et les divers fonds apprécient la prise de risque de notre famille envers nous-même.

Au niveau des points négatifs de ce financement, il en ressort plusieurs. Emprunter de l’argent à sa famille peut évidemment faire naître des tensions. C’est pour cela qu’il faut prendre des précautions et définir à l’avance les conditions de remboursement. Il est possible de formaliser cela grâce à un document comme un pacte d’associés en n’oubliant pas d’être précis sur la notion du risque très élevé pris par les financeurs. Mais aussi, ce financement reste avant tout basé sur l’affectif, il se peut donc que les personnes qui financent ne se questionnent pas réellement sur le fond de l’entreprise et qu’elles ne remettent pas en question les éléments avancés par l’entrepreneur.

En résumé, comme le crowdfunding, ce financement permettra de financer de petits projets ou agira comme un levier supplémentaire pour chercher des fonds ailleurs. C’est un financement complémentaire.

Prêt d’honneur :

C’est un prêt destiné aux créateurs ou repreneurs d’entreprise et émis par des organismes spécialisés comme le Réseau entreprendre, Initiative France, GAIA etc. Souvent ces derniers sont octroyés à taux 0 (donc pas d’intérêts).

Aucune garantie n’est exigée et la confiance prime, c’est un engagement de remboursement sur l’honneur. Les critères de sélection sont imprécis et un prêt d’honneur peut généralement permettre d’obtenir jusqu’à 45 K€.

N.B : Ces fonds sont injectés en quasi-fonds propres pour le côté comptabilité, en effet ils sont prêtés à la personne physique et non morale.

Bon à savoir : Possibilité de cumuler des prêts d’honneur provenant de plusieurs organismes avec l’accord de ces derniers. Ces prêts d’honneur vont être importants car ils vont nous permettre d’accroître notre apport personnel et de les utiliser comme effet de levier dans le cas d’un doublon avec un emprunt bancaire. A noter également, qu’à la différence de certaines subventions, il faut rembourser la somme dûe. De plus, ces prêts vont encore venir renforcer votre crédibilité d’entrepreneur et celle du projet auprès d’investisseurs ou partenaires.

En revanche le remboursement rapide (2 à 5 ans), peut être inconfortable si la trésorerie de l’entreprise n’est pas au mieux à ce moment-là. Aussi, le délai du traitement des demandes est assez important puisqu’il faut en moyenne 3 à 7 mois pour l’obtenir, attention donc à bien prévoir en amont.

Pôle emploi :

Chère communauté, voici un financement destiné à ceux qui sont au chômage, c’est l’ACCRE.

Et oui, personne n’a d’excuses ;)

Ce financement vous permettra de continuer à toucher vos allocations pendant votre travail sur votre projet.

  

Accompagné de ce dispositif, le prêt Nacre (formulaire de demande auprès des organismes spécialisés comme les CCI) est un prêt d’honneur à taux 0, pour des fonds compris entre 1 K€ et 8 K€ sur 5 années maximum.

Une autre aide dans le dispositif de pôle emploi, l’ARCE qui a la faculté de permettre de toucher 45% des allocations restantes dues. Cette aide est destinée aux créateurs et repreneurs.

De plus, cette dernière est exonérée de cotisations sociales et en cas d’échec du projet, le demandeur récupère ses droits aux allocations chômage.

Les concours d’entrepreneuriat :

Tout d’abord il existe de nombreux types de concours, et ces derniers permettent de lever des fonds. Les plus connus sont « 101 projets », « concours national de la création d’entreprise ». Ils permettent de gagner quelques milliers d’euros.

Et c’est encore un moyen de se crédibiliser et d’augmenter sa reconnaissance pour les futurs financements que l’on va tenter d’aller chercher.

Les concours ont l’avantage de permettre de s’entraîner à pitcher avant de passer devant des investisseurs, et de tester son projet, vérifier l’intérêt qu’il suscite auprès du public également.

Aucune contrepartie et pas de perte de capital grâce à ce financement.

Mais comme la plupart des financements sans contrepartie, il faut prendre beaucoup de temps pour la préparation des concours. De plus, tous les concours sont différenciés et exigent des critères différents, donc des dossiers spécifiques pour chacun. Il peut donc être préférable de lever en love money.

Idéale pour un projet de création ou pour une entreprise récente, les chances d’éligibilité augmentent. Il faudra préférer la préparation de 1 concours ou 2 plutôt que 15 concours mal préparés.

Les subventions :

Voici un autre moyen alternatif pour l’obtention de fonds qui peut permettre à un projet de naître en servant également d’effet de levier. Aussi, le seuil de rentabilité sera plus rapide à atteindre grâce à ces subventions. Il est en effet possible, à ma grande surprise de bénéficier de fonds (parfois sans besoin de remboursement qui sont des subventions. Les donneurs peuvent être des mairies, des CCI, des collectivités, Gouvernement, Europe, organismes spécialisés (et sont très exigeants).

Parmi ces subventions, il existe :

  • Des aides à l’innovation comme :

Le statut spécifique de Jeune entreprise innovante, le crédit impôt recherche destiné aux entreprises sur des critères pointilleux de R&D. Mais aussi, le crédit innovation pour les entreprises existantes, avec une récupération des investissements réalisés dans l’innovation. Il faut avoir moins de 250 employés pour en bénéficier, ainsi qu’un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ pour cette aide.

  

  • Des subventions et aides de l’Europe :

Les subventions FSE, FEDER ou encore Horizon 2020 par exemple. Souvent dédiées à des start-ups dans les domaines de l’information et de la communication, avec déploiement européen évidemment ou pour des entreprises proposant des solutions sur les défis sociétaux par exemple.

Je vous indique deux sites où vous pourrez retrouver l’intégralité de ces aides, vous pouvez donc consulter, les-aides.fr et le site de l’institut supérieur des métiers. Je ne peux le faire car certaines aides sont spécifiques à un secteur d’activité et il y en a beaucoup. Les subventions sont accordées sur de nombreux critères et types d’entreprises et il faut savoir qu’elles ne sont pas rétroactives et qu’une demande officielle doit être envoyée.

Encore une fois, obtenir des fonds provenant de subventions permet de gagner en crédibilité et en confiance du point de vue des futurs prêteurs (banques, investisseurs etc.). Pour s’y préparer au mieux, il faut avoir une définition du projet la plus exacte possible, respecter les règles particulières à chaque demande en termes de délais, de format...

Le souci de ce financement est la difficulté de son obtention, en effet la demande étant très élevée, il est difficile de l’obtenir. De plus, pour être éligible, il faut remplir beaucoup de critères comme le nombre de salariés, le domaine et encore beaucoup d’autres conditions. Les dépenses doivent être réalisées en accord avec un plan de financement accepté par le donneur et le receveur.

Et pour finir, un temps considérable est à passer pour rédiger sa candidature sous forme de dossier. Notons aussi que les délais sont longs.

C’est pour cela que beaucoup d’entrepreneurs ne souhaitent pas investir leur temps dans ces démarches plutôt complexes. Cependant, il est dommage de se priver de ces aides si l’éligibilité est constatée, les notions de partage de risque et du financement en lui-même devraient être d’avantage utilisées et l’entreprise serait largement gagnante. Il peut être préférable de se faire aider et accompagner par des incubateurs et accélérateurs notamment qui, souvent les connaissent et savent comment les obtenir.

 

Partie 2 : Des besoins de financements plus classiques, moyens !

2.1) Les « business » concernés

Nous sommes cette fois dans un cadre, que je vais définir comme étant beaucoup plus classique. J’entends par là un cadre standard dans le sens où c’est celui qui est le plus répandu.

Les commerces physiques, les industries par exemple demandent en général un capital de départ élevé. Seront concernés toutes les entreprises avec un développement plus long, avec des coûts fixes élevés, avec des salariés.

  

2.2) Quels financements ?

Cette partie sera plutôt brève, ne vous inquiétez pas, c’est normal. Nous allons commencer à voir se dessiner la complémentarité des financements. Dans un cadre plus classique, il suffira de se servir des divers financements que j’ai essayé de dompter dans mes premiers articles. Nous reprendrons donc ces derniers pour les coupler avec un crédit bancaire. Ne soyez pas déçus car c’est dans ce contexte que les effets de levier évoqués précédemment entrent en jeu et vont être intéressants.

Grâce aux sommes récoltées et aux financements que vous retiendrez vous augmenterez considérablement votre capital de départ pour les établissements bancaires. C’est pour cela qu’il faut essayer de récolter le maximum en cumulant les financements pour pouvoir emprunter beaucoup plus en banque.

Emprunts bancaires :

C’est une source de financement classique et qui reste principale, cette dernière permet l’obtention de fonds sans dilution de capital. Le prêt est généralement assorti de garanties et est remboursé avec des intérêts. Nous serons par contre limités selon notre apport. Nous sommes sur un prêt de l’ordre de 1 pour 2 à 1 pour 3, les établissements bancaires demandent en générale 30 à 50% d’apport sur la somme demandée.

Il faut savoir qu’une banque peut prêter avec une, voire deux autres banques pour se partager les risques.

Au vu des précédents financements précités, et des conditions d’accès aux crédits bancaires plus strictes qu’auparavant, nous comprenons immédiatement l’intérêt d’utiliser les financements précédents pour augmenter les sommes empruntables.

Partie 3 : Des besoins de financements élevés 

3.1) Les business concernés 

Seront concernées les entreprises dans le secteur de l’innovation, de la création de produit, d’applications etc.

3.2) Pourquoi ces derniers requièrent-ils beaucoup de financement 

Les phases sont nombreuses et longues, elles demandent des financements spécifiques et en quantité variable à chaque étape.

3.3) Quels financements possibles

FCPI : Fonds communs de placement dans l’innovation

Organisme de placement collectif agréé par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) permettant à des particuliers d’investir dans le capital-investissement : 70% de l’actif collecté doit être investi dans des PME à caractère innovant et non côtées.

L’aspect innovant est automatique pour des PME consacrant une proportion significative de leurs ressources à des dépenses de R&D.

Nous avons des exemples dans l’industrie d’internet tel que Dailymotion, Viadeo, Deezer qui ont été financés par des personnes physiques dans le cadre d’un FCPI.

Le Capital-risque/Capital investissement/Private equity : Financement direct en capital

Soit ce sont des investisseurs privés. Cela concerne les entreprises innovantes en général. Ces investisseurs privés sont appelés des business angels. Ce sont souvent des anciens dirigeants d’entreprises avec de l’argent à investir dans un projet où ils peuvent évaluer les chances d’échecs et de réussites. Les avantages à passer par les business angels sont nombreux. En effet, leur appréciation de prise de risque est faible et ils investissent plus aisément. Le réel avantage à passer par ces derniers est qu’ils accompagnent les créateurs et les guident grâce à leurs réseaux, leurs expériences et leurs conseils. Aussi ils crédibilisent l’entrepreneur aux yeux de la banque. Pour finir, si le projet échoue, nous ne leur devons pas d’argent.

Mais il ne faut pas oublier que ces business angels détiennent des parts au capital ! Et qu’ils s’intéresseront fortement à la rentabilité, jusqu’à nouer un pacte d’associés. Cela me donne un indice supplémentaire pour le choix de ma structure.

Inconvénient : très sélectif car investisseurs exigeants (recherche un potentiel de croissance élevée)

Apports de sociétés de capital-risque

On parle d’apports en capital, plus précisément d’apports dans le capital social et pas en comptes courants d’associés, réalisés par des sociétés avec des prévisions de reventes de leur participation à court ou long terme. Leurs objectifs sont donc la réalisation de profits en misant sur l’augmentation de la valeur de l’entreprise grâce à la contribution de son développement.

Souvent, ce sont des filiales d’organismes financiers qui sont spécialistes en la matière.

Mais on peut les apercevoir aussi au sein des conseils régionaux, si nous sommes dans ce cas, l’objectif affiché est le développement de l’économie locale.

Aussi des sociétés de capital-risque naissent grâce au regroupement de fonds par des dirigeants ou cadres destinés à investir dans des entreprises récentes et les accompagner dans leur développement. Ce sont alors des Business Angels. Eux, souhaitent aider les jeunes pousses à se lancer plutôt que la réalisation de plus-value.

Un principe de parrainage est généralement mis en place avec cette démarche. Les sociétés de capital-risque investissent souvent dans des gros projets, imposant de forts besoins de financement, et souvent dans les secteurs de l’innovation.

Mais elles permettent de réunir beaucoup plus d’argent qu’avec des business angels. (Financement qui peut atteindre 1 000 K€ !!)

De plus, il apparaît que ces sociétés restent minoritaires au capital et laisse donc en majorité le contrôle de l’entreprise à l’entrepreneur. On retrouve également, comme avec les business angels, l’aspect conseil et réseaux de la part des investisseurs. Là encore, aucune somme n’est due en cas d’échec du projet.

N’oublions pas que la sélection est très sévère, avec des exigences ultra élevées et qu’ils ont un droit de participation sur les décisions, attention donc à ce que vous recherchez et à quel prix vous l’obtenez. Aussi, il peut être très long de lever ces fonds et il peut être bien de nouer des relations avec un leveur de fonds professionnel pour être recommandé.

N.B : Une attention toute particulière est portée aux porteurs de projet par ces sociétés, la team doit donc être très cohérente et professionnelle.

Levée de fonds

Nous allons aborder ce financement avec un cas spécifique qui est la start-up pour mieux comprendre.

La problématique spécifique des start-ups en résumé :

  • L’innovation coûte chère,

  • La construction de l’innovation, pour amener à l’invention puis à l’industrialisation est longue,

  • Durée moyenne d’une levée de fond de 6 à 18 mois,

  • L’accès au marché est difficile,

  • Il faut être très rapide, car les opportunités passent vite, les concurrents agissent vite, il y a tout à faire et les ressources sont faibles,

  • La moindre erreur coûte chère et l’argent n’a pas la même valeur dans le temps,

  • Les financeurs attendent des résultats concrets et un ROI.

Lever des fonds auprès d’investisseurs, la dimension du temps est nécessaire :

  • La valeur de la société évolue au fil du temps : une idée n’a pas de valeur, un brevet pas beaucoup, une solution plus, un client satisfait nettement plus.

  • La croissance rentable coûte chère, process donc non linéaires et rythmés par des phases de création de valeur : l’optimisation financière et économique pour les parties prenantes découle de la maîtrise de ces phases.

Identifier ces phases :

  • Obtenir un brevet,

  • validation de l’invention,

  • passage à l’innovation, 

  • mise au point de l’offre,

  • 1ère commande, 

  • atteinte de la rentabilité.

!!! Chaque cas particulier peut donner lieu à d’autres phases importantes de création de valeur !!!

Des préjugés quant à la levée de fonds :

Il serait envisageable de penser qu’il faille lever le plus possible au démarrage, pour être débarrassé des investisseurs et gagner en crédibilité. Hors cela est faux, en effet, le temps pour réunir l’argent risque d’être extrêmement long et une dilution du capital importante pour en plus construire l’entreprise sur une base instable et une déception des investisseurs.

Lever sur la valorisation la plus haute serait aussi une erreur, même, si cela a pour but de diminuer la dilution et d’avoir une reconnaissance en la valeur du projet, en effet cela risque de créer un blocage pour les tours à suivre et les investisseurs seront mécontents. Ajoutons à cela les mécanismes de correction de prix et c’est la totale.

Les chances de réussite de la levée de fonds et d’autres financements en général vont reposer sur des étapes à suivre pour avoir une bonne stratégie, comme :

  • la planification de l’innovation : les phases et partenariats,

  • l’identification des différentes aides possibles selon les étapes et le choix des mieux adaptés,

  • le mix entre fonds privés/publics/alternatifs,

  • le montage de dossier rapide,

  • la nécessité de mise en route d’outils de suivis,

  • la mise en en œuvre des aides fiscales, notamment CIR & CII,

  • ne pas oublier le crowdfunding (mais temps et suivis lourds),

  • bien réfléchir à des solutions de secours si le premier plan ne fonctionne pas, et savoir prévoir une issue de secours.

 

Recommandation & Conseils :

  • Diminuer le risque de dilution en ayant un financement mixte. Réduction du risque financier. Attention, pour ne pas diluer tout son capital, les créateurs doivent lever seulement l’argent nécessaire pour passer à la phase suivante. En ayant une bonne gestion cela permet de garder la main plus longtemps.

  • Stratégie de financement définie au départ.

  • Les aides diffèrent au fur et à mesure des étapes. Chaque aide à son timing, ses conditions, son dossier, ses attentes et exigences.

  • Montrer une réelle cohérence aux nombreux partenaires sur nos différentes demandes de financement. Comme par exemple pour le cas où grâce à des investisseurs privés, leurs fonds vont permettre de lever des fonds auprès de BPI Aide Développement Innovation et BPI prêt amorçage quand les leurs couvriront les étapes du développement commercial.

Il va donc falloir à priori, lever les fonds nécessaires au bon moment, sans se précipiter. Maximiser la création de valeur avant la levée de gros montants. Prioriser la simplicité au premier tour (amorçage).

Aller voir des investisseurs différents avant d’effectuer son choix puis mettre en confrontation les investisseurs pour les précédents tours. Mettre en avant les étapes atteintes. Avoir une très bonne préparation, et/ou se faire accompagner par des sociétés expertes.

En effet, les sociétés de conseils en stratégie de financement peuvent vraiment aider ceux et celles qui ne se sentent pas de réaliser cela seul. En effet, ils connaissent les dispositifs, les aides et les critères d’admissibilité. Cela permet d’économiser énormément de temps. Après calcul sur le coût du temps passé à la recherche des aides publiques plutôt qu’à travailler sur le développement de son projet (la chose que seul le créateur est en mesure de faire et que personne ne peut le faire à sa place) il peut être préférable de faire appel à la sous-traitance pour rechercher des financements par des professionnels.

Il faut aussi aller vite car si des aides ont déjà été obtenues et qu’il en faut encore, le temps peut être dépassé. Ces entreprises se rémunèrent souvent à la réussite sur les aides obtenues (8%).

Conclusion

En conclusion, voici un récapitulatif des différents modes de financements existants :

Financements classiques (création) :

  • Prêts d’honneur

  • Love money

  • Concours « créateurs »

  • Crowdfunding

  • Prêt bancaire classique

  • Aides publiques de l’Etat, des Régions et des départements 

  • Crédit d’impôt compétitivité/emploi

  • Tour de table

  • (fonds propres) avec des investisseurs

Financements non bancaires/Financements alternatifs :

  • Fonds publics

  • Fonds d’investissement -Business angels -Microcrédit -Crowdfunding

  • Love money

            

Financements spécifiques start-up & entreprises innovantes Financements publics :

  • BPI France : ACREI, AIMA ou PIA (en IDF)

  • Prêt d’amorçage (Bpifrance)

  • Région ou Cci

  • Statut jeune entreprise innovante

  • Crédit impôt recherche et crédit impôt innovation

Financements privés :

  • Plates-formes de corwdfunding (tour de table de personnes physiques) -Holdings ou club d’investisseurs

  • Business angels (individuel ou en réseau)

  • Fonds d’amorçage

  • Capital-investissement : capital innovation (création/post/création) -FCPI - Fonds communs de placement dans l’innovation

        

Grâce aux interviews que vous trouverez dans la page interviews, nous allons pouvoir essayer de comprendre les différents modes de financement utilisés lors de création, j’ai effectivement besoin de retours d’expériences pour être en mesure de nous apporter des éclairages au plus près de la réalité. Sans cela, nous naviguerons avec incertitude dans le milieu entrepreneurial. 

#ECHEC#REUSSITE

 
 
 
 
 
 
 

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